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Le cahier des élèves

Cahier ou classeur ? Quel support avez-vous choisi pour vos élèves ?

Et une fois votre choix fait, comment organisez-vous ce cahier au mieux pour qu’il soit à la fois un outil de référence pour les élèves et un espace pour s’exprimer ?

Je réponds ici à l’invitation de ma collègue-bloggeuse Mrs Recht, et à ces questions dans cet article. Et si le coeur vous en dit, en fin de lecture vous trouverez les liens vers les blogs d’autres professeurs d’anglais qui vous disent tout elles aussi ! (et oui ! Que des filles !)

Quel support ?

Dans notre collège, nous devons « harmoniser » notre choix de support par matière (donc la marge de liberté est quasi inexistante), et les formats 24 x 32 ne sont pas autorisés car ils alourdissent les cartables…c’est bien dommage car ils offrent l’avantage d’être exactement au format A4 et donc de nous éviter la laborieuse étape des découpages, surtout avec des sixièmes ! #restonszen

En anglais, nous avons donc pour tous les niveaux des cahiers format 21 x 29,7 grands carreaux pour une écriture plus aérée, et sans spirales pour la longévité ! Et je me suis adaptée à ce format : soit je « reformate » mes documents avant de les photocopier pour les élèves (d’ailleurs je consomme beaucoup moins de photocopies puisque je fais en sorte, si possible, de mettre 2 copies sur 1 feuille A4) ou bien je découpe moi-même (si, si…) au massicot avant de distribuer aux élèves.

Pour ce qui est du nombre de pages, il est laissé au choix des familles. Je ne suis pas fan des cahiers 48 pages. C’est vraiment peu et au moment où les élèves changent de cahier en cours d’année, fatalement, ils n’ont plus sous la main certains documents qui ont été distribués en début d’année…Je comprends toutefois les choix des familles qui achètent des lots de cahiers au supermarché pendant l’été. Donc je m’adapte là aussi !

Enfin, pour protéger le tout, je suggère aux élèves d’investir dans un protège-cahier à rabats/pochette. C’est un peu cher, donc aucune obligation, certains agrafent simplement une pochette plastique à la couverture du cahier. Chaque élève a une fiche-navette pour l’entraînement à l’expression écrite, fiche que je leur demande d’avoir toujours dans leur cahier. La pochette du protège-cahier permet de ranger cette fiche, entre autres.

Que trouve-t’on dans le cahier ?

Pour tous les niveaux j’adopte le même fonctionnement #keepitsimple !

Je commence toujours par dire aux élèves que ce cahier est leur outil principal. Ils doivent pouvoir y retrouver TOUT ce dont ils ont besoin pour faire leurs exercices et réaliser leur tâche finale. Il doit aussi être propre pour donner envie d’être consulté (en 4° et 3° cela devient un vrai challenge pour certains !). Et c’est aussi un endroit où ils doivent pouvoir s’entraîner.

Je prends donc le temps, en début d’année, d’installer ce cahier avec eux, et je prends aussi le temps, au moins une fois au premier trimestre, de tous les passer en revue. J’ai la chance d’avoir ma salle et un emploi du temps où j’ai des plages « libres » pour y travailler. Donc les élèves me les laissent au fond de la salle en quittant le cours, et je les feuillette dans la foulée. Je ne corrige pas TOUT, mais gare à eux s’il est incomplet ou trop brouillon !

  • La page de garde : pour les 6° et 5°, je distribue dès le premier cours une page de garde (merci ChezChris !) qu’ils doivent colorier et compléter pour le cours suivant. Ils ont le choix parmi plusieurs motifs, tous en rapport avec le monde anglophone. Chacun y trouve son bonheur et avec le côté « coloriage » ils ont l’impression de personnaliser leur cahier. Pour les 4° et les 3°, la création de la page de garde est une tâche en elle-même avec des consignes, une grille de critères et…une note ! En général, cela permet à tous de commencer l’année sous de bons auspices…mais pas toujours ! Cela me permet donc de voir d’emblée qui est dans de bonnes dispositions, ou qui ne l’est pas. Qui peut suivre des consignes simplissimes ou qui n’en fait qu’à sa tête.
  • A l’intérieur de la couverture, face à la page de garde donc, les élèves collent une fiche avec les QRcodes des sites ou applications que nous allons utiliser dans l’année. Utile pour ne pas avoir à redonner l’adresse des sites à chaque fois !
  • La fin du cahier est dédiée à la phonétique et la méthodologie (ou AP). Je donne en début d’année une grille « My phonetics chart » qui tient sur 2 pages face à face et que nous complétons au fil de l’année avec les mots nouveaux vus en classe. Puis nous collons au fur et à mesure les fiches de méthodologie que nous travaillons en classe. Cela évite qu’elles soient perdues au milieu des traces écrites de leçons.
  • Sur la couverture intérieure de la fin du cahier, les élèves collent un « bonus collector », une grille toute bête, que je donne en début d’année aussi. Nous fonctionnons avec Bloggers et je me suis procurée les stickers pour l’évaluation positive. Chaque fois qu’un élève fait des efforts, progresse dans une compétence, ou se montre particulièrement actif, démontre un talent particulier, etc…je lui donne un sticker. Au bout d’une ligne complétée (comme au loto !) ils gagnent 1 point supplémentaire sur l’évaluation de leur choix. #onsemotive !
  • Enfin, les évaluations, une fois corrigées, restent à la maison dans une pochette (ou pas d’ailleurs…je ne vérifie pas !)

Quid de la trace écrite ?

Le repère est le tableau !

Je présente le tableau comme un « cahier géant » ! La date en haut à gauche, l’objectif en dessous en rouge, puis le titre de la leçon (souvent le titre donné dans le livre, et j’ajoute le numéro de la page du livre entre parenthèses à côté).

Je ne donne pas de code couleur particulier, juste le rouge pour ce qui est nouveau ou important : mots nouveaux, règle de grammaire, phonétique…

Les mots nouveaux sont soulignés en rouge, et reportés dans la marge du cahier avec un synonyme, un dessin sommaire ou la traduction selon les cas.

La phonétique est notée directement sous le mot, entre crochets.

Et les exercices sont faits au crayon, à la suite de la leçon. Il y a quelques années, je dédiais la fin du cahier aux exercices, mais alors ceux-ci étaient totalement déconnectés des leçons et, très vite, on ne s’y retrouvait plus !

Petite séance sur Thanksgiving avec juste une carte mentale de ce que les élèves savaient déjà…j’ai juste « injecté » un peu de vocabulaire…

En début de séquence, je distribue aux élèves une fiche « Objectifs » qui récapitule ce qui sera abordé au niveau culturel, lexical, grammatical et phonologique. La tâche finale est aussi annoncée sur cette fiche, ainsi que les éventuelles tâches intermédiaires. Ainsi les élèves peuvent y réfléchir au fur et à mesure que nous progressons vers ces tâches.

La fiche « en-tête » de début de séquence

Cette fiche est collée comme en-tête de la première page de la séquence. Elle permet de se repérer dans le cahier et en fin de séquence elle permet aux élèves de vérifier qu’ils ont révisé tout ce qu’il fallait avant l’évaluation.

Dès le début de la séquence, je donne aussi aux élèves une liste du vocabulaire que nous allons rencontrer dans la séquence (ou dont ils pourraient avoir besoin). La fiche est sous forme de tableau à 2 colonnes : anglais / français #ohmygod ! Je sais…c’est mal… mais c’est pratique ! Je remarque que tous les élèves s’en servent et s’y réfèrent pendant le cours, qu’ils apprennent plus de vocabulaire et qu’ils ont leurs méthodes aussi parfois (certains commencent à surligner les mots qu’ils connaissent déjà dès que je donne la fiche !). Cette fiche est collée tout de suite après les objectifs de la séquence.

Le cahier de secours

Ce cahier, que je mets moi-même en place et garde en classe, est en quelque sorte la « copie conforme » de ce que les élèves doivent avoir dans LEUR cahier. Il est à la disposition de ceux qui ont été absents à un ou plusieurs cours (cela évite qu’un camarade doive prêter son cahier), de ceux qui veulent vérifier qu’ils sont bien à jour, des « retardataires » qui n’ont pas eu le temps de tout noter…bref, c’est le « sauveur » de pas mal d’élèves !

Ce cahier reste en classe…depuis que j’ai eu la fausse bonne idée de permettre à un élève de cinquième de l’emmener à la maison car il avait été longtemps absent…Je n’ai jamais revu ni l’élève, ni le cahier ! Once bitten, twice shy !

J’utilise ce cahier de 2 façons : au premier trimestre, je copie moi-même la trace écrite qui est au tableau, en même temps qu’eux, dans le cahier. Je note la date, l’objectif, je colle les éventuels supports, je les complète, je souligne, surligne, etc…bref, je me mets exactement « à la place de l’élève ».

Puis, au second trimestre, quand les élèves ont bien pris le « pli », je commence à déléguer. Et quand un élève a oublié son cahier, plutôt que de noter le cours sur une feuille volante, il complète le « cahier de secours »…et je surveille. Cela a 3 avantages :

  • il est occupé et arrête de papillonner !
  • il est obligé de s’appliquer parce que je le surveille 😉 #thedevilinme
  • je suis tranquille pour circuler dans les îlots !

Et ça fonctionne ?

Je dois dire que rien n’est jamais parfait, et que je suis toujours en recherche d’idées pour améliorer cet outil !

Pour le moment ce fonctionnement me convient. Il est dirigé mais pas trop. Je sais que si je mets trop de codes et de « règles » je ne m’y tiendrai pas sur le long terme 😉

Le plus dur pour moi reste d’accepter que certains n’auront JAMAIS un cahier correct, quelle que soit la matière. Ils sont brouillons, ils oublient, ils copient avec des fautes…ils ne collent pas les feuilles au bon endroit…Et pourtant je passe dans les îlots, je surveille…mais avec 30 élèves par classe les mailles du filet sont extra larges !

J’essaie toujours d’apporter une amélioration à chaque rentrée (Never stop learning !). Les deux nouveautés cette année étaient les QRcodes et les fiche-navettes. Dans les deux cas c’est un succés, donc je poursuivrai l’an prochain.

Ce qui ne me satisfait pas totalement, c’est la fiche donnée en début de séquence…Elle a le mérite d’être pratique, mais les élèves sont passifs (même s’ils la lisent). L’idéal serait qu’ils la complètent eux-même…mais j’avoue que pour le moment je n’ai pas encore essayé. Peut-être un objectif pour le prochain trimestre ?

Et ailleurs ?

Si vous voulez découvrir d’autres articles à ce sujet, allez donc faire un tour sur les pages suivantes :

Et n’hésitez pas à commenter ou poser des questions, j’y répondrai avec plaisir !

 

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La fiche-navette

Dans l’article sur « Le cahier des élèves », je faisais allusion aux fiche-navettes que j’utilise avec tous les niveaux pour l’entraînement à l’expression écrite.

De quoi s’agit-il ?

Ce sont des fiches (des copies doubles en fait) destinées à « naviguer » plusieurs fois entre les élèves et moi. D’où leur nom !

L’objectif étant que l’élève revienne plusieurs fois sur son travail, le corrige, le complète…pour réellement progresser et atteindre un niveau satisfaisant pour lui…et moi !

Enfin, elles ne sont pas notées. Elles sont annotées 😉

Comment sont-elles « nées » ?

Pour de vrai ? Elles sont nées de mon ras-le-bol, à chaque évaluation, de devoir noter des expressions écrites très en dessous des attendus du niveau concerné ! De mon ras-le -bol, à chaque évaluation, d’entendre les mêmes complaintes d’élèves qui y allaient de leur « Mais madame c’est trooooop dur ! » « Mais je sais pas comment on dit moi ! » « J’ai pas d’idééééées ! »…

Il y avait longtemps que je n’étais pas du tout satisfaite de la manière dont je traitais cette compétence qui est, je dois le dire, la plus difficile pour les élèves, la plus anxiogène aussi !

Parce qu’autant ils parviennent toujours à se « débrouiller » à l’oral, autant ils renoncent carrément à la moindre difficulté à l’écrit, préférant même rendre une copie blanche en disant « de toute façon ça sert à rien, j’aurai zéro » !

L’an dernier, nous avons eu une formation établissement sur le thème de l’évaluation positive…comment faire pour que les évaluations ne soient plus source d’angoisse, de constat d’échec pour certains, et donc de perte de confiance en soi ?

Une des pistes évoquées était « le droit à l’erreur ». C’est ce qui a fait germer cette idée…

Comment je procède ?

Concrètement, en début d’année, je demande aux élèves d’avoir une copie double, grands carreaux, dans leur cahier (dans le rabat du protège-cahier 😉 ).

En haut de cette copie, ils collent la grille des compétences écrites à acquérir à leur niveau : dans une colonne, ce qu’ils doivent savoir déjà faire normalement, en face ce vers quoi ils doivent tendre (voir photo : j’ai une fiche par niveau, donc).

Pour cette grille je me suis largement appuyée sur les grilles proposées dans les manuels (« Piece of Cake » notamment) et j’ai essayé de rester simple.

Cette fiche va les suivre toute l’année (enfin…s’ils ne la perdent pas !) et on va simplement agrafer au fur et à mesure d’autres copies doubles à celle de départ (l’idée étant de se constituer l’équivalent d’un petit cahier d’écriture perso 😉 )

Au fil des séquences, je donne de petites expressions écrites en rapport avec ce que nous avons fait en classe. Par exemple, en 3°, quand nous avons travaillé sur les High Schools et les Cliques aux USA, le sujet n°1 était « Do you belong to a clique ? Who do you usually hang out with ? ». Avec les 5° et après avoir travaillé sur les boarding schools en Angleterre, le sujet était « Do you prefer your school or a boarding school ? Why ? »…

Les élèves écrivent le sujet sur la copie, l’item qui est à valider (il peut y en avoir 2 parfois) et rédigent leur écrit en dessous, en sautant 1 ligne (pour pouvoir se corriger) et en laissant une large à droite pour mes annotations.

Ils doivent réutiliser le vocabulaire vu en classe, les structures, etc…ils ont un délai pour me rendre leur premier jet.

Ce premier jet n’est PAS noté ! Je leur indique juste à quel niveau de maîtrise ils se situent : très satisfaisant, satisfaisant, fragile ou insuffisant.

Je souligne les fautes, je mets dans la marge la nature de la faute, et en commentaire si quelque chose manque ou pourrait être amélioré (exemple : pense à faire une petite phrase d’introduction / ici essaie de donner un exemple / décris un peu mieux ce personnage / utilise un synonyme / etc…)

…et je restitue les copies au cours suivant. Les élèves ont ensuite un nouveau délai pour faire les améliorations ou corrections demandées…et améliorer leur niveau de maîtrise.

Mais ça prend du temps, non ?

Honnêtement, je ne vais pas dire que non…mais finalement ça va assez vite puisque vous n’avez pas besoin de noter.

Certains (très peu…3 ou 4 par classe chez moi) ont un niveau de maîtrise très satisfaisant dès le premier jet ! Du coup cela me permet de valider cette compétence directement dans leur livret 😉

D’autres ont un niveau satisfaisant et je leur laisse le choix d’améliorer encore, ou pas, leur travail.

Tous les autres rendent un meilleur travail la deuxième fois !

Quel bilan ?

Le bilan, pour moi, est très positif !

  • je n’ai plus d’élèves qui rendent feuille blanche aux évaluations de fin de séquence ! Ils se souviennent toujours de quelques phrases de leur fiche, ils ont déjà réfléchi sur des sujets approchants en amont, donc ils se sentent plus en confiance.
  • le niveau des expressions écrites que je relève s’améliore vraiment !
  • même les plus faibles font l’effort d’essayer puisqu’ils savent qu’ils ne seront pas notés tout de suite et qu’ils pourront améliorer leur travail.

Voilà, j’espère avoir répondu à vos interrogations sur ces fiches 😀

Et vous ? Vous avez une technique pour faire travailler l’expression écrite ?